le temple de mercure - archette (88)


On vous présente ici un site archéologique perdu au milieu d’une forêt des Vosges. Pour le trouver, il faut se rendre dans la forêt des Tannières (au lieu-dit Chaudgoutte) entre les deux communes des Archettes et Cheniménil. Le mieux étant d’aller jusqu’à la maison forestière, et de laisser son véhicule pour faire le petit kilomètre à pied jusqu’au site gallo-romain.

C’est lors de travaux forestiers en 1912 que l’on met à jour cet antique site. On remarque alors des substructions d’un édifice assez conséquent que l’on estime dater de l’époque gallo-romaine. Quelques années plus tard, avec les autorisations, les premiers sondages sont effectués permettant de découvrir quelques pièces de monnaies en assez mauvais état. Puis 
une seconde campagne de fouilles est réalisée de 1973 à 1983. Ces fouilles plus approfondies permettent de découvrir une dalle en grès portant une inscription latine dédiée au dieu Mercure. On peut ainsi lire “Mercurio Catallinus Mert Fil V.S.L.M”

L’exploration n’est pas aisée. Les arbres et les souches retardent les fouilles et l’on remarque un premier mur complètement écroulé. Néanmoins, des trouvailles sont remarquées, comme des tessons de poterie, des stèles dont deux représentent un Mercure indigène. Sur l’une des deux stèles, on observe Mercure tenant une bourse. Rappelons que dans la mythologie romaine, Mercure est le dieu du commerce. Confondu avec le dieu Grec Hermès, il est également considéré comme le dieu des messagers, des voyageurs ou des voleurs. Mais sur ce site, Mercure est plutôt assimilé au dieu Celte que l’on connaît tous ” par Toutatis” grâce notamment à la BD d’Astérix et Obélix. Il s’agit de Teutatès, dieu Celtes ayant le rôle d’un juge qui décide si les morts doivent vivre éternellement dans un paradis appelé Aballon, ou être réincarnés.

Le sanctuaire n’est pas très grand, il se compose de deux bâtiments qui étaient présumément des cella (temple). Entre ces deux constructions, il y avait un podium. Un peu à l’écart, on retrouve une habitation, fréquentée par des <<religieux>>… Le sanctuaire était situé près de plusieurs anciennes voies romaines dont le croisement principal se trouvait sur la commune d’Arches. Une de ces voies menait jusqu’au Donon. Haut lieu sacré des Celtes qui y vénéraient également Mercure.

En complément d’informations, sachez que les statues sur le site ne sont que des représentations. Pour voir les véritables stèles, il faut se rendre au musée d’Epinal. Sachez également que le lieu est chargé en histoire, fréquenté par les Celtes pour les nombreuses sources que l’on trouve facilement dans les alentours, on a retrouvé également des stations de mégalithes et une nécropole datant de l’Âge du Bronze.


Deux vestige Gallo-romains découverts en forêt de Tannières

par le groupe archéologique d'Eloyes .


Ci-contre: Stèle contenant le dieu Mercure.

Celui-ci tient à la main une bourse 

(symbolisant vraisemblablement le commerce). 

 

Hauteur : environ 1m10

Ci-contre: L'orifice 


Château-sur-Perle

 

Il existait autrefois un manoir féodal, situé sur une petite montagne, à proximité de la Vologne, entre Docelles et Cheniménil.

Il était connu sous le nom de Château-sur-Perle, dénomination qui doit sans aucun doute son origine au produit des mollusques de cette rivière.

Ce château fit longtemps partie des domaines de la maison de lénoncourt, mais à la mort de Charlotte, Dame Surette du chapitre de Remiremont, la dernière héritière de cette lignée, il fut vendu à un curé de Docelles du nom de Parisot. Son dernier possesseur fut Philippe Antoine de Chainel qui l'avait acheté des héritiers de cet ecclésiastique en 1755. Il l'a restauré, a crée de beaux jardins sur les flancs de la colline où il a été construit, et y menait la vie d'un riche seigneur.

Cependant sa noblesse lui fut contestée par un maire de Docelles. Il est certain cependant qu'il 

appartenait à la noblesse lorraine. Le premier de ses ancêtres, qui reçut des lettres de noblesse, fut Thielman Chenel ou chesnel, prévôt de Vaudémont. Elles lui furent accordées par Charles, duc de Lorraine, le 22 mars 1588 et son blason porte de gueules à l'écrevisse mise en pal .


les perles de la vologne, trésor des duc de lorraine


Les poètes lorrains ont jadis chanté les perles de la Vologne (rivière qui se jette dans la Moselle près de Gérardmer).

Son lit était autrefois pavé de Margaritifera margaritifera, une moule d’eau douce (et non une pizza) appelée aussi mulette perlière qui donnait de très belles perles (très prisées pendant près de 4 siècles).
La pêche des perles était assez importante pour être réglementée par ordonnance des ducs de lorraine qui se l’étaient réservée ; elle était surveillée par des « gardes-perles » et avait lieu de juin à aout.

Le bénédictin dom Calmet nous apprend que Marie Leczinska devenue reine de France, se parait à la cour de bijoux ornés de perles vosgiennes, mais elle n’était pas la seule à raffoler de ces petits trésors, les duchesses de Lorraine portaient toutes des colliers et pendants d’oreille en perles de la Vologne. Au début du XVIIIe Antoine de Chesnel composa une ode à cette moule perlière :Vénus, voyageant pour son agrément rencontre la Vologne, admire ses eaux limpides et ses rives fleuries et veut y prendre un bain.
« Elle entre, et s’ébattant comme fait une anguille,
Elle enfante un fœtus couvert d’une coquille. »
Entre les salves d’un être né d’une telle mère, quelle merveille ne peut on s’attendre à trouver !

Joséphine qui  découvrela Margaritana lors de son passage à Plombières, voulut l’acclimater dans ses bassins de la Malmaison mais c’était sans savoir que les larves du mollusque étaient transportées dans les branchies des truites ! Pas de truite, pas de mulette et donc pas de perle.

La Margaritifera margaritifera mesure environ 11 centimètres sur 5, et a une espérance de vie de l’ordre de 80 à 100 ans, elle donne une perle blanche, jaune, ou nacrée aux reflets roses, de la taille d’un petit pois à un grain de riz.
Les mulettes des Vosges furent décimées en raison de la pollution que déversait dans les rivières les usines de textile. Mais il reste une jolie balade au lieu dit du pont << des Perles de la Vologne !

Illustration Sophie-Jeanne-Armande-Elisabeth Septimanie comtesse d’Egmont Pignatelli 1740-1773
par Alexandre Roslin en 1763. Elle est la fille du duc de Richelieu et de sa seconde épouse Marie-Elisabeth-Sophie de Lorraine-Harcourt